Un peu d’histoire
 
L’abbatiale Saint-Volusien de Foix possédait déjà un orgue en 1502 mais, de cette époque jusqu’en 1868, on ne sait rien sur l’histoire de l’orgue de cet édifice des XIIe et XIVe siècles qui a subi d’importantes réfections, notamment au XVIIe puis au XIXe siècle lorsque l’intérieur fut, en 1868, “reparata” et “renovata” (plaque apposée à la tribune).
 
En 1868, la Maison Leroy-Legendre & Fermis père & fils recevait de la part du conseil de fabrique commande d’un important 32 pieds, 3 claviers et pédale, 40 jeux, pour le prix de 25 000 F. La commune participa à la dépense pour 3 000 F. De fait c’est Joseph Arnaud Fermis qui traita l’opération.
 
Les travaux commencèrent en 1868 pour se terminer par l’inauguration le 25 Août 1869, sous les doigts d’Aimable Massis organiste de St Sernin de Toulouse.

 
L’orgue de Saint Volusien
 
En 1914, le Dr Bédart écrit que “ l’orgue fonctionne encore tel qu’il fut monté”. De fait, il subit des réparations effectuées par O. Carrel en 1878, à qui Fermis abandonna deux traites dues car la charpente intérieure, construite par les menuisiers du buffet et non par le facteur d’orgue, avait subi un affaissement qui avait déréglé les mécanismes.
 
Après la guerre de 1914, peu et mal entretenu, l’orgue continua à se dérégler, particulièrement dans l’alimentation en vent, suite à des interventions malhabiles (cf. Bédart 1919). Pour réduire le nombre de souffleurs, des basses de pédale ne furent plus alimentées et la pression du vent fort fut diminuée, ce qui fut plus que préjudiciable à la transmission. La pose d’un ventilateur électrique par Puget n’arrangea rien.
 
En 1955, Paul-Marie Koenig a des velléités d’électrification au niveau de la pédale. C’est sans doute lui qui commence à décaler quelques jeux pour introduire des mutations et qui monte un peu le diapason en tirant sur les entailles de timbre et en recoupant des tuyaux sur le ton (flûtes harmoniques).
 
Enfin,  dans  les  années  1960 à 70,  d’importants  travaux  d’architecture  sur  l’édifice ont entraîné des chutes de gravas et des montagnes de poussière que l’organiste Henri Harlé et un jeune volontaire ont évacués, petit à petit, de leurs propres mains !
 
De fait, à part la traction de pédale détériorée, quelques jeux décalés, et des séries de tuyaux déposées, l’orgue était resté dans ses dispositions d’origine, mais très dégradé, techniquement abandonné, quasi injouable.

 
La restauration
 
L’Association des Amis des Orgues de Saint-Volusien fut créée en 2000 pour œuvrer à la restauration de ce grand orgue qui, sur le plan historique et patrimonial, est une rareté : il est le seul qui subsiste du facteur François Sylvain Fermis, dans ses dispositions d’origine.
 
L’originalité de la conception mécano-pneumatique appliquée à des sommiers à registres plaidait pour leur conservation et leur réhabilitation. C’est le parti qui fut choisi : un retour intégral à l’orgue d’origine.
 
Toutefois le cahier des charges demanda, en cas d’échec, de prévoir la possibilité de remplacer les tubulures par des abrégés, ce qui aurait rendu l’orgue entièrement mécanique avec assistance Barker.
 
En 2004, La restauration de l’orgue et de son buffet fut confiée sur appel d’offre à l’Entreprise Lucien Simon, avec la collaboration de Jean-Pascal Villard pour la restauration des tuyaux et l’harmonie.La partie instrumentale fut entièrement démontée pour une restauration efficace en atelier de tous les organes de l’orgue, y compris dans les moindres détails.
 
Le principe est celui de la restauration à l’identique, c’est-à-dire que ne sont changées que des peaux, des pièces d’usure remplacées au modèle ou des parties en bois trop vermoulues. Une transmission mécanique fut construite pour la pédale.
                         
La tuyauterie, après reclassement et remise en forme, fut complétée des tuyaux manquants, notamment dans les jeux de Quinte et de Plein Jeu du grand orgue et tout le jeu de clochette (piccolo) 1 pied du récit, qui avait disparu. Les jeux déplacés furent remis à leur emplacement d’origine. Ainsi la composition a-t-elle été rétablie dans ses dispositions d’origine.
                    
Le ton de l’orgue restauré est celui qui a été trouvé sur la grande majorité des tuyaux après restauration, à savoir le La3 à 440 Hz à 15° avec un tempérament égal.
 
La soufflerie fournit un vent fort à 130 mm de colonne d’eau pour les transmissions, et un vent faible à 100 mm pour tous les plans sonores dans toutes les tessitures.
 
Cet orgue, qui a retrouvé sa voix et ses transmissions d’origine, apporte sa collaboration à la liturgie mais aussi une ouverture, un regard particulier, sur l’interprétation de la musique symphonique.
 
 
D’après la préface rédigée par Jean-Pierre Decavèle,
technicicien conseil, pour le livret de l’inauguration,
le dimanche 21 octobre 2007

 
Façade sud de l`abbatiale